Conversation-Evasion

27 février 2010

Publié par maeves dans Musique

Publié par maeves dans Musique |Éditer

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27 février 2010

Publié par maeves dans un peu de moi |Éditer

 Les sonates de Scarlatti (napolitain qui a vécu la plupart de sa vie adulte en Espagne)  sont imprégnées des couleurs et des rythmes de la magie de la vie…

 Je vous conseillerais les enregistrements de Horowitz, pour leur humanité…  ils nous apprennent (peut-être ?), que trop intensément préoccupé par l’âme de l’interprète à la rencontre de l’âme de la musique ou du compositeur, on oublie que c’est dans l’air et l’espace que soufflent le corps et l’esprit ; – que l’”âme” n’est autre que cet endroit où se construit l’accueil humble, et donc courageux et joyeux, des couleurs et des surfaces, des rythmes de la vie.  Ici, où tout se joue – où les choix musiciens rencontrent les choix du cœur, et de l’impossible naît la musique, l’humanité du musicien apparaît. Et l’on sent que c’est dans cet intervalle critique que les choses ont leur place et sont ce qu’elles sont, que la musique par quelque miracle est tachée d’existence, et qu’elle est imprégnée de ce qu’elle raconte. Ce qui n’est rien d’autre et pas moins que la Vie elle-même, et non pas nos états d’âme, nos désirs…               

***       

            Au détour d’un trottoir, d’un chemin, surgit l’événement, l’inattendu, celui qu’on ne pouvait programmer mais seulement répondre de son être, de ses yeux et ses pieds…                     Je te sais amoureuse de ces détours. Je crois entendre ce Silence où la musique est possible et commence, et qui te demande qui tu es. Qui te demande ce que ce lieu veut dire pour toi : là où tu vis vraiment – ici. Qui te demande de quel droit tu es fière de cette ocre qui se détache du ciel. De quel droit m’aimes-tu ? dit une langue colorée et chaude. De quel droit ? demande le lieu. De quel droit nous aimes-tu ? Demandent les maisons et le vieux port et les cris des marchands de poissons. Qu’avons-nous fait pour que tu nous aimes tant ? Sachant que l’amour est plaisir et souffrance et dérision. 

                J’écoute à ce moment précisément – mais de quel moment s’agit-il vraiment ? – la sonate en fa mineur K466 de Scarlatti – et j’y entends la même question m’implorer comme par vagues incessantes. Peut-être a-t-elle été entendue dans ce village ou dans un autre aux alentours, par un pareil soir d’été sur le clavecin de Scarlatti : question écoutée par la fenêtre ouverte jusque dans les rues autour… ?    Il me plaît de l’imaginer ainsi. Je troquerais ma vie à cet instant, d’y avoir vécu en bas de sa fenêtre…  une vie dure faite de tant de contraintes et de frustrations, et où la liberté s’écoutait à la fenêtre d’un étranger, venu on ne sait pourquoi, et qui – consumé par une folle passion – y composa 555 sonates.  Mostrati dunque più umano che critico : e si accrescerai le proprie dilettazioni.   

Vivi felice

Domenico Scarlatti, (1738).

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